# Histoire du Canada au XVIIe siècle — La Nouvelle-France, le commerce des fourrures et les guerres qui ont forgé une nation
Le XVIIe siècle est le moment où le Canada commence — non comme géographie, qui existait depuis des millénaires sous la garde des peuples autochtones, mais comme projet colonial européen qui deviendrait finalement le pays que nous connaissons aujourd'hui. C'est un siècle d'ambition extraordinaire, de violence brutale, de survie précaire et de transformation continentale. À la fin, la France revendiquait plus de territoire nord-américain que toute autre puissance européenne, pourtant sa colonie s'accrochait à l'existence avec moins d'habitants qu'une seule ville anglaise de taille moyenne.
Cet article retrace l'arc complet du siècle, de la fondation de Québec en 1608 à l'aube de la guerre du Roi Guillaume en 1689, en accordant une attention particulière à la décennie turbulente des années 1680 — lorsque la survie de la colonie était véritablement en jeu.
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La fondation de la Nouvelle-France (1600–1630)
Champlain et la naissance de Québec
L'histoire commence avec Samuel de Champlain, navigateur, cartographe et visionnaire, originaire de Brouage, dans le sud-ouest de la France. Champlain avait déjà exploré le fleuve Saint-Laurent et la côte atlantique lorsque, le 3 juillet 1608, il a fondé un comptoir fortifié à l'étranglement du Saint-Laurent — un endroit que les Algonquins appelaient *Kébec*, signifiant « là où le fleuve se rétrécit ».
Québec n'était pas la première tentative française de colonisation. Jacques Cartier avait exploré le Saint-Laurent dans les années 1530. Une colonie éphémère à Charlesbourg-Royal avait échoué dans les années 1540. Un établissement à Port-Royal en Acadie avait été fondé en 1605. Mais Québec était différent : permanent, stratégiquement placé pour contrôler le commerce des fourrures du Saint-Laurent, et doté de Champlain — un homme d'une énergie infatigable qui passerait les vingt-sept années suivantes à bâtir la colonie par la diplomatie, l'exploration et une ténacité à toute épreuve.
Champlain comprit dès le départ que la Nouvelle-France ne pouvait survivre sans alliances autochtones. En 1609, il se joignit à une expédition guerrière des Montagnais (Innus), des Algonquins et des Huron-Wendat et combattit les Mohawks près du lac qui porte aujourd'hui son nom — le lac Champlain. Ce fut une décision lourde de conséquences. Les coups de mousquet tirés ce jour-là valurent aux Français de puissants alliés chez les Huron-Wendat et les Algonquins, mais ils valurent aussi l'hostilité durable de la Confédération des Cinq-Nations iroquoises (Mohawk, Oneida, Onondaga, Cayuga et Sénéca). Cette hostilité allait façonner le siècle suivant de l'histoire canadienne.
Le régime seigneurial et les habitants
La Nouvelle-France n'a jamais été une colonie de peuplement de masse. Contrairement à l'Angleterre, la France ne comptait pas de grands nombres de dissidents religieux ou de pauvres sans terre désireux de traverser l'Atlantique. La colonie attirait des coureurs de bois, des soldats, des missionnaires et un modeste flux de paysans — les *habitants* — qui cultivaient la terre dans le cadre du régime seigneurial, où la Couronne concédait de vastes domaines (seigneuries) à des propriétaires (seigneurs) tenus d'y installer et d'y soutenir des colons.
En 1630, après plus de deux décennies d'efforts, la population française de tout le Canada comptait peut-être 100 personnes. La colonie était minuscule, fragile et entièrement dépendante du commerce des fourrures et de la bonne volonté de ses voisins autochtones.
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Le commerce des fourrures : moteur de la colonie
S'il faut retenir une chose du XVIIe siècle canadien, c'est ceci : tout tournait autour de la fourrure.
Le castor était la monnaie qui rendait la Nouvelle-France viable. La demande européenne pour les chapeaux de feutre de castor — l'accessoire de mode incontournable de l'époque — avait créé un marché insatiable. Les chasseurs autochtones, particulièrement les Huron-Wendat, piégeaient le castor dans l'intérieur des terres et apportaient les peaux aux comptoirs français du Saint-Laurent. En échange, ils recevaient des marchandises européennes : outils métalliques, textiles, armes à feu et eau-de-vie.
Cet échange était le fondement économique de la Nouvelle-France. Il déterminait où les Français construisaient leurs forts, avec qui ils s'alliaient et contre qui ils se battaient. Il signifiait aussi que la prospérité de la colonie dépendait du maintien d'un réseau de partenaires commerçants autochtones s'étendant profondément dans la région des Grands Lacs — un réseau constamment menacé par les Iroquois, qui voulaient détourner le commerce vers les postes anglais d'Albany.
Le commerce des fourrures a façonné la colonie d'une manière sans équivalent dans les établissements anglais du sud. Tandis que les colons anglais défrichaient la terre et bâtissaient des villes, les Français envoyaient des *coureurs des bois* — des commerçants indépendants de fourrures — pagayer sur des centaines de kilomètres dans les terres sauvages. Ces hommes vivaient parmi les communautés autochtones, apprenaient leurs langues, adoptaient leurs coutumes et étaient les premiers Européens à voir une grande partie de l'intérieur continental. Le commerce des fourrures fit de la Nouvelle-France un vaste territoire mais un peuplement ténu — une colonie de rivières, de routes de canot et de comptoirs plutôt que de fermes et de villes.
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Les guerres iroquoises (années 1640–1690)
La destruction de la Huronie
La crise du milieu du siècle qui faillit détruire la Nouvelle-France commença dans les années 1640, lorsque la Confédération des Cinq-Nations iroquoises lança une campagne militaire soutenue contre la confédération des Huron-Wendat — le partenaire commercial le plus important de la France.
Le motif des Iroquois était le contrôle du commerce des fourrures. Vers 1640, les Iroquois avaient épuisé le castor sur leur propre territoire et devaient soit sécuriser de nouveaux territoires de chasse, soit s'emparer des routes commerciales reliant les nations des Grands Lacs aux Français du Saint-Laurent. Armés de mousquets néerlandais (puis anglais) obtenus à Fort Orange (l'actuel Albany, New York), les guerriers iroquois commencèrent à attaquer les convois commerciaux hurons et à piller leurs villages.
La campagne culimina en 1649, lorsqu'une force iroquoise massive détruisit les villages huron-wendat de Saint-Ignace et Saint-Louis, dans ce qui est aujourd'hui le centre de l'Ontario. Les missionnaires jésuites Jean de Brébeuf et Gabriel Lalemant furent capturés et tués — leurs morts devenant au centre du récit du martyre catholique en Nouvelle-France et leur valant plus tard d'être canonisés comme deux des martyrs canadiens. Vers 1650, la confédération huron-wendat avait pratiquement cessé d'exister en tant qu'entité politique. Les survivants se dispersèrent — certains vers l'ouest et les Grands Lacs, d'autres vers Québec sous la protection française.
La terreur sur le Saint-Laurent
Avec la destruction des Hurons, les guerriers iroquois tournèrent leur attention vers les établissements français eux-mêmes. Tout au long des années 1650 et jusque dans les années 1660, la colonie vécut sous une menace constante. Des familles de colons étaient attaquées dans leurs champs. Les convois annuels de fourrures étaient embusqués. Montréal — l'établissement le plus à l'ouest — était particulièrement exposé.
La situation devint si désespérée qu'en 1660, un jeune soldat nommé Adam Dollard des Ormeaux mena une petite troupe de Français et d'allies autochtones pour intercepter un parti iroquois aux Rapides du Long Sault, sur la rivière des Outaouais. Les Français furent submergés et tués jusqu'au dernier homme. Que le stand de Dollard ait effectivement dissuadé une plus grande attaque iroquoise contre Montréal ou qu'il ait été simplement un calcul désastreux reste débattu par les historiens, mais son histoire est devenue l'un des mythes fondateurs de la Nouvelle-France.
Le soulagement arriva en 1665, lorsque Louis XIV envoya le régiment de Carignan-Salières — plus de mille soldats professionnels — en Nouvelle-France. C'était la première fois que la Couronne engageait des ressources militaires significatives dans la colonie. Le régiment lança deux expéditions en territoire mohawk, brûlant des villages et détruisant des récoltes. Bien que les résultats militaires soient mitigés, le spectacle de force fut suffisant pour convaincre les Iroquois de signer une paix qui tiendrait, malgré des tensions, pendant près de deux décennies.
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La grande expansion (années 1660–1680)
Talon, Frontenac et la poussée vers l'intérieur
L'arrivée de Jean Talon comme intendant (chef administrateur de la colonie) en 1665 marqua le début de l'ère d'expansion la plus ambitieuse de la Nouvelle-France. Talon était un homme pratique aux desseins grandioses. Il encouragea l'immigration, promeut l'agriculture et l'industrie, et parraina une série d'explorations qui étendraient les revendications françaises sur la majeure partie de l'intérieur continental.
Sous la direction de Talon et les gouvernances de Frontenac et de ses successeurs, les explorateurs français poussèrent loin au-delà du Saint-Laurent :
- 1673 : Louis Jolliet et le père jésuite Jacques Marquette descendirent le Mississippi jusqu'à la rivière Arkansas, confirmant qu'il coulait vers le sud jusqu'au golfe du Mexique plutôt que vers l'ouest jusqu'au Pacifique.
- 1682 : René-Robert Cavelier de La Salle acheva le voyage, descendant le Mississippi jusqu'à son embouchure et revendiquant l'ensemble du bassin versant pour la France. Il nomma ce territoire Louisiane en l'honneur de Louis XIV. Ce fut l'un des actes les plus décisifs du siècle : d'une seule proclamation, la France revendiquait une zone s'étendant des Appalaches aux Rocheuses, des Grands Lacs au golfe du Mexique.
- 1686 : le chevalier de Troyes et Pierre Le Moyne d'Iberville menèrent une expédition terrestre de Montréal jusqu'à la baie d'Hudson, capturant trois postes de la Compagnie de la Baie d'Hudson — Moose Factory, Rupert House et Fort Albany. Cette frappe ramena le lucratif commerce des fourrures du Nord sous l'influence française et démontra la capacité remarquable de la Nouvelle-France à projeter sa force militaire sur d'immenses distances.
La population de la colonie
Malgré l'expansion territoriale, la Nouvelle-France restait peu peuplée. Le programme des Filles du Roi (1663–1673) — par lequel la Couronne parraina environ 800 jeunes femmes pour émigrer dans la colonie comme épouses de colons — avait considérablement augmenté la population. Vers 1680, la colonie comptait environ 10 000 habitants français. Vers 1689, ce nombre avait atteint environ 14 000.
Pour mettre cela en perspective : à la même époque, les colonies anglaises le long de la côte atlantique comptaient une population combinée d'environ 250 000 habitants. La Nouvelle-France était dépassée par vingt contre un.
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Les années 1680 : une décennie de crise
Les années 1680 furent la décennie la plus dangereuse de l'histoire de la Nouvelle-France. La fragile paix avec les Iroquois s'effondra, une nouvelle guerre européenne opposa la France à l'Angleterre, et les avant-postes français exposés à l'ouest furent soumis simultanément à la pression des adversaires autochtones et anglais.
1682 : La Salle revendique la Louisiane
Comme indiqué ci-dessus, La Salle atteignit l'embouchure du Mississippi le 9 avril 1682 et, au son des trompettes, des hymnes et des salves de mousquets, il revendiqua la Louisiane pour la France. Les implications stratégiques étaient immenses — la France encerclait désormais les colonies anglaises entre ses possessions du Saint-Laurent et sa revendication du golfe du Mexique. Mais la revendication était bien plus facile à formuler qu'à faire respecter. La tentative de La Salle d'établir une colonie à l'embouchure du Mississippi se solda par un désastre lorsque son expédition débarqua dans la baie de Matagorda, au Texas. Il fut assassiné par ses propres hommes en mars 1687.
1685 : Le grand traité de neutralité
En 1685, la France et l'Angleterre signèrent le traité de Whitehall — aussi appelé traité de neutralité américaine — s'engageant à ce que les conflits européens ne s'étendent pas à leurs colonies d'Amérique du Nord. C'était un accord sensé et une fiction complète. En moins de quatre ans, les colons des deux nations seraient en guerre.
1686 : L'expédition de Troyes à la baie James
Durant l'hiver et le printemps 1686, le chevalier de Troyes mena une expédition extraordinaire d'environ 100 hommes — soldats français et miliciens canadiens — en terre ferme depuis Montréal, traversant plus de 1 300 kilomètres de forêt gelée jusqu'à la baie James. L'objectif était de capturer les postes commerciaux anglais de la Compagnie de la Baie d'Hudson, qui détournaient des fourrures que les Français considéraient comme les leurs.
L'expédition atteignit Moose Factory en juin et le prit par surprise. Rupert House et Fort Albany furent ensuite capturés rapidement. Pierre Le Moyne d'Iberville, principal lieutenant de Troyes, resta derrière pour commander les postes capturés. Ce fut le début d'une carrière remarquable — d'Iberville deviendrait le plus grand héros militaire de la Nouvelle-France, finissant par mériter le titre officieux de « Cid canadien ».
1687 : Denonville attaque les Sénécas
Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville, était arrivé comme gouverneur de la Nouvelle-France en 1685 avec pour instructions de Louis XIV de ramener les Iroquois à l'obéissance. En 1687, la paix précaire des deux décennies précédentes s'effritait. Des guerriers iroquois harcelaient à nouveau les convois de fourrures français, et des marchands anglais d'Albany encourageaient activement les Cinq-Nations à détourner le commerce des fourrures de l'ouest loin de Montréal.
Durant l'été 1687, Denonville mena la plus grande expédition militaire de l'histoire de la colonie — 832 réguliers français, plus de 900 miliciens canadiens et environ 400 alliés autochtones — contre les Sénécas, la nation la plus à l'ouest des Cinq-Nations. La force marcha de Fort Cataraqui (l'actuel Kingston, en Ontario) jusqu'au territoire sénéca, dans ce qui est aujourd'hui l'ouest de l'État de New York.
Le 13 juillet 1687, l'expédition fut embusquée par plusieurs centaines de guerriers sénécas près du village de Ganondagan. Les Français contre-attaquèrent et repoussèrent les Sénécas, subissant six morts et vingt blessés. Mais lorsqu'ils atteignirent Ganondagan, ils trouvèrent le village déjà brûlé — les Sénécas s'étaient enfuis. Les troupes de Denonville détruisirent les villages restants et, surtout, une immense quantité de maïs stocké — environ 1,2 million de boisseaux — paralysant l'économie sénéca pour des années.
L'expédition fut un succès tactique mais un désastre stratégique. Loin d'intimider les Iroquois en soumission, elle unissait les Cinq-Nations dans un désir ardent de vengeance. Et cette vengeance ne se fit pas attendre.
1689 : Le massacre de Lachine
Dans les premières heures du 5 août 1689, environ 1 500 guerriers iroquois — principalement des Mohawks — traversèrent le Saint-Laurent à couvert d'un violent orage de grêle et tombèrent sur le fief de Lachine, à la pointe ouest de l'île de Montréal.
L'attaque fut dévastatrice. Soixante-douze colons furent tués. Des dizaines d'autres furent faits prisonniers. Les maisons furent brûlées jusqu'aux fondations. Le fief — qui comptait environ 375 habitants — fut pratiquement anéanti.
Le massacre de Lachine fut l'attaque la plus sanglante contre un établissement français de toute l'histoire de la Nouvelle-France. Il fit l'effet d'une onde de choc dans toute la colonie. Le gouverneur Denonville, dont l'expédition contre les Sénécas avait provoqué cette représaille, fut rappelé en France en disgrâce.
Son remplaçant fut celui qu'il avait lui-même remplacé : Louis de Buade, comte de Frontenac, le vieux gouverneur combatif et suprêmement confiant qui avait d'abord servi de 1672 à 1682. Frontenac revenait dans une colonie en crise — et allait passer la décennie suivante à lutter pour la sauver.
1689 : Début de la guerre du Roi Guillaume
Le massacre de Lachine coïncida avec le déclenchement de la guerre du Roi Guillaume (1689–1697), le théâtre nord-américain du plus large conflit européen connu sous le nom de guerre de la Ligue d'Augsbourg. L'Angleterre et la France étaient désormais officiellement en guerre, ce qui signifiait que le conflit colonial en Amérique du Nord — déjà sanglant — allait devenir partie d'une lutte mondiale.
La guerre du Roi Guillaume fut la première de six guerres coloniales disputées entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre (avec leurs alliés autochtones respectifs) avant que la France ne cède ses territoires continentaux nord-américains en 1763. Elle établit le modèle de tout ce qui suivrait : des raid français et leurs alliés autochtones frappant les établissements anglais de la frontière, des expéditions navales anglaises attaquant Québec et la côte atlantique, et une guérilla brutale dans les forêts de l'intérieur.
La réponse de Frontenac à la crise fut caractéristiquement agressive. Au début de 1690, il organisa trois partis de guerre qui frappèrent simultanément des établissements anglais à New York (Schenectady), au New Hampshire (Salmon Falls) et au Maine (Fort Loyal / Portland). Les raids furent militairement efficaces mais aussi brutaux — l'attaque de Schenectady, menée en plein hiver, tua soixante colons et réduisit la ville en cendres.
La guerre s'enlisa sans conclusion nette jusqu'au traité de Ryswick en 1697, qui restaura le *statu quo ante bellum*. Les problèmes fondamentaux — la concurrence pour le commerce des fourrures, les revendications territoriales contradictoires, les Iroquois pris entre deux empires européens — demeurèrent non résolus.
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L'aube d'un nouveau siècle
Le XVIIe siècle canadien s'acheva avec la colonie meurtrie mais vivante. La Grande Paix de Montréal, signée le 4 août 1701, mit fin à près d'un siècle de conflits franco-iroquois. Trente-neuf nations autochtones signèrent le traité aux côtés des Français — un accomplissement diplomatique d'une portée remarquable.
Vers 1700, la Nouvelle-France comptait environ 15 000 habitants. Elle revendiquait un vaste empire continental — des terres de pêche de Terre-Neuve et des marais marécageux de l'Acadie aux Grands Lacs, descendant le Mississippi jusqu'au golfe du Mexique, et remontant vers les rives gelées de la baie d'Hudson. Pourtant, la colonie restait fragile. Sa population n'était qu'une fraction de celle de ses rivaux anglais. Son économie dépendait d'une seule marchandise — la fourrure — et d'un réseau d'alliances autochtones exigeant un entretien constant. Sa survie dépendait de la volonté d'un roi lointain d'envoyer soldats, argent et colons à travers un océan.
Les questions du XVIIe siècle — la France pourrait-elle maintenir ses immenses revendications nord-américaines? la colonie pourrait-elle croître assez vite pour se soutenir? la relation entre colons français et nations autochtones pourrait-elle durer? — allaient être tranchées, de manière décisive et douloureuse, au siècle suivant.
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Pourquoi c'est important pour l'examen de citoyenneté
Si vous préparez l'examen de citoyenneté canadienne, le XVIIe siècle est un contexte essentiel. Le guide d'étude *Découvrir le Canada* couvre plusieurs sujets tirés directement de cette période :
- Samuel de Champlain — le fondateur de Québec et le « père de la Nouvelle-France ». Son nom apparaît fréquemment dans les questions d'examen.
- Le commerce des fourrures — le moteur économique du début du Canada et la base des alliances franco-autochtones. Il faut comprendre ce qui était échangé (peaux de castor contre marchandises européennes) et qui en était les principaux acteurs.
- Les guerres iroquoises — le conflit prolongé qui a façonné la politique coloniale. L'examen peut porter sur les relations entre les Français et les peuples autochtones.
- Le régime seigneurial — le mode de tenure foncière qui organisait la Nouvelle-France rurale. Il faut savoir ce qu'étaient un seigneur et un habitant.
- L'investissement de Louis XIV dans la colonie — le régiment de Carignan-Salières, les Filles du Roi et le système de l'intendant reflètent tous le rôle de la Couronne dans la construction de la Nouvelle-France.
- L'exploration — La Salle, Jolliet, Marquette et d'Iberville étendirent les revendications françaises à travers le continent. L'examen peut faire référence aux premiers explorateurs français.
Le XVIIe siècle a enraciné le Canada francophone, établi les modalités des relations entre colons et peuples autochtones, et préparé la scène pour la rivalité anglo-française qui dominera le XVIIIe siècle. Ce n'est pas de l'histoire ancienne — c'est le récit fondateur du pays dont vous cherchez à obtenir la citoyenneté.
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Références
- Champlain, Samuel de. *Œuvres de Samuel de Champlain*. Publiées par H.P. Biggar. 6 vol. Toronto : Champlain Society, 1922–1936.
- Eccles, W.J. *The Canadian Frontier, 1534–1760*. Éd. rev. Albuquerque : University of New Mexico Press, 1983.
- Eccles, W.J. *France in America*. Éd. rev. Markham, Ont. : Fitzhenry & Whiteside, 1990.
- Trigger, Bruce G. *The Children of Aataentsic: A History of the Huron People to 1660*. 2 vol. Montréal & Kingston : McGill-Queen's University Press, 1976.
- Havard, Gilles, et Cécile Vidal. *Histoire de l'Amérique française*. Paris : Flammarion, 2003.
- Dictionnaire biographique du Canada. « Cavelier de La Salle, René-Robert. » *Biographi.ca*. https://www.biographi.ca/fr/bio/cavelier_de_la_salle_rene_robert_1F.html
- Dictionnaire biographique du Canada. « Brisay de Denonville, Jacques-René de. » *Biographi.ca*. https://www.biographi.ca/fr/bio/brisay_de_denonville_jacques_rene_de_2F.html
- L'Encyclopédie canadienne. « Grande Paix de Montréal, 1701. » *TheCanadianEncyclopedia.ca*. https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/paix-de-montreal-1701
- L'Encyclopédie canadienne. « Nouvelle-France. » *TheCanadianEncyclopedia.ca*. https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/nouvelle-france
- Dictionnaire biographique du Canada. « Nouvelle-France, 1524–1713. » *Biographi.ca*. https://www.biographi.ca/fr/special.php?p=3&project_id=65
- Open Textbook BC. « Canada, 1608–1663. » *Canadian History: Pre-Confederation*, 2e éd. https://opentextbc.ca/preconfederation2e/chapter/4-3-canada-1608-1663/
- Greer, Allan. *The People of New France*. Toronto : University of Toronto Press, 1997.
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Questions fréquemment posées
1Quand la Nouvelle-France a-t-elle été fondée?
La colonie de la Nouvelle-France a été officiellement établie lorsque Samuel de Champlain a fondé Québec le 3 juillet 1608. Des expéditions françaises antérieures — les voyages de Jacques Cartier de 1534 à 1542 et la colonie avortée de Charlesbourg-Royal — n'avaient pas donné de peuplement permanent. Québec est devenue la capitale de la Nouvelle-France et le ancrage de la civilisation française en Amérique du Nord pendant un siècle et demi.
2Qu'étaient les guerres iroquoises?
Les guerres iroquoises (aussi appelées guerres du castor ou guerres franco-iroquoises) sont une série de conflits des années 1640 aux années 1690 opposant la Confédération des Cinq-Nations iroquoises aux colons français et à leurs alliés autochtones (Huron-Wendat, Algonquins, Montagnais). La cause première était le contrôle du commerce des fourrures. Les guerres ont dévasté la nation huronne, menacé Montréal à plusieurs reprises et culminé avec le massacre de Lachine en 1689. Elles se sont terminées par la Grande Paix de Montréal en 1701.
3Qu'était le massacre de Lachine?
Le 5 août 1689, environ 1 500 guerriers mohawks ont attaqué le fief de Lachine à la pointe ouest de l'île de Montréal. Soixante-douze colons ont été tués et des dizaines faits prisonniers. L'attaque était une représaille à l'expédition du gouverneur Denonville contre les Sénécas en 1687. Il s'agit du raid le plus meurtrier contre un établissement français de toute l'histoire de la Nouvelle-France.
4Pourquoi l'expédition de La Salle est-elle importante?
En avril 1682, René-Robert Cavelier de La Salle a achevé la descente du Mississippi jusqu'au golfe du Mexique et a revendiqué l'ensemble du bassin versant pour la France, le nommant Louisiane en l'honneur de Louis XIV. Par un seul acte, la France revendiquait l'intérieur du continent, des Grands Lacs au golfe du Mexique — une superficie plus grande que l'Europe occidentale. Cela a préparé un siècle de rivalité anglo-française pour l'Amérique du Nord.
5L'histoire du Canada au XVIIe siècle fait-elle partie de l'examen de citoyenneté?
Oui. Le guide d'étude Découvrir le Canada couvre la fondation de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain, le commerce des fourrures, les relations avec les peuples autochtones et les conflits coloniaux de la première époque. Les questions sur l'époque et le lieu de la première colonisation française, la nature du commerce des fourrures et les figures clés du début du Canada s'inspirent directement de cette période.